Légendes sérénisantes

Saiweng perd son cheval

Il y avait jadis un vieillard qui l’appelait Saiweng.

Un jour, le cheval noir de Saiweng s’enfuit. Les voisins vinrent tous consoler Saiweng mais celui-ci ne fut pas du tout inquiet. Il dit à ceux qui étaient venus le voir : « Perdre un cheval n’est peut être pas si mal ».

Quelques jours plus tard, le cheval noir qui s’était enfui revint de lui-même, et il était accompagné d’un beau cheval blanc. L’ayant appris, les voisins vinrent présenter leurs félicitations à Saiweng, qui dit alors : « Obtenir gratuitement un cheval n’est pas forcément une bonne affaire. Peut-être cela apportera des ennuis. »

Saiweng avait un fils qui aimait particulièrement monter à cheval. Un jour, il partit s’amuser avec le beau cheval blanc qui filait comme le vent. Le fils fit une chute de cheval qui lui brisa la jambe. Ayant appris cela, les voisins vinrent à nouveau réconforter Saiweng. Mais il n’était pas accablé et dit en riant : « Ceci est peut-être bénéfique. »

Quelques jours plus tard, une guerre fut déclarée contre le royaume voisin. Beaucoup de jeunes furent enrôlés de force comme soldat. Comme le fils de Saiweng s’était cassé la jambe, il ne partit pas parti au combat, et fut ainsi sauvé alors que presque tous ses camarades furent tués.

Le loup qu'on nourrit

Notre choix d'être heureux...

Un vieil Indien Cherokee racontait la vie à des enfants...

" Je ressens un grand tourment en moi.
Dans mon âme se joue une  bataille : deux loups se confrontent.

Un des loups est méchant: il "est" la peur, la colère, la jalousie, la rancœur, la peine, les regrets, l'avidité, l'arrogance, la plainte, la culpabilité, les ressentiments, l'infériorité, le mensonge, la compétition, l'orgueil.

L'autre est bon: il "est" la joie, la paix, l'amour, l'espoir, le partage, la générosité, la vérité, la compassion, la confiance.

La même bataille se joue présentement en chacun de nous.

Silencieux, les enfants réfléchissaient... Puis l'un d'eux dit :
Dis, lequel des loups va gagner " ?

Le vieux Cherokee répondit simplement : " Celui que tu nourris".

La "crise" chinoise

En chinois, crise se dit «WeiJi» 危 機 qui est la contraction de deux mots : «WeiXian» 危 險 signifiant danger et «JiHui» 機 會, que l’on peut traduire par opportunité.

Toute crise porte en elle les germes de sa solution. Elle est le symptôme qui alerte d’une maladie plus profonde et représente une opportunité d’œuvrer à la guérison.

Une crise est donc une occasion de suivre une nouvelle voie qui peut s’avérer particulièrement intéressante voire bien plus judicieuse ou agréable que la situation qui l’a précédée. Elle est même parfois fondamentale.

La jarre abîmée

Un paysan se rend chaque jour au puits avec deux jarres. Mais l’une d’elles se lamente, car une fêlure fait fuir la moitié de son contenu. Elle culpabilise de son imperfection et s’excuse auprès du paysan. Le sage porteur d’eau lui montre alors le sentier parcouru chaque jour : « Regarde le chemin, sur un côté, il y a une terre aride et vierge. De l’autre côté il y a des fleurs ! J’ai remarqué que tu perdais de l’eau alors j’ai semé des graines qui ont pu germer grâce à l’eau que tu laissais filer »…

L'oisillon dans la bouse

Un petit oiseau est tombé du nid. Il a très froid et risque de geler. Un gentil fermier qui passait par là, voyant cette pauvre petite créature sur le point de mourir de froid, la dépose délicatement dans une bouse de vache toute chaude. L'oisillon tout heureux se met alors à siffloter. Un renard l'entend,  s'approche, le sort de la bouse et le mange.
Moralité :
1. C'est pas parce qu'on te met dans la merde qu'on te veut forcément du mal.
2. C'est pas parce qu'on te sort de la merde qu'on te veut forcément du bien.