Propos recueillis et interviewes

 

Quelques personnes montrent la réalité de l'effet chrysalide en nous disant en quoi leurs malheurs ont pu avoir été bénéfiques, sources de guérison, voire profondément et positivement fondateurs de leur destinée.

Certaines histoires sont très émouvantes et donneuses de coup de fouets au moral !!! Non seulement ces témoignages sont très éloquents sur l'effet chrysalide, mais en plus, ils invitent ceux qui les écoutent à prendre conscience que tout est possible, surtout le meilleur, grâce à nos épreuves...

Si vous aussi souhaitez témoigner de votre vécu, n'hésitez pas ! Prenez contact avec moi ...

Transformer son handicap en art de vivre...

J’ai rencontré Frédéric il y a 13 ans. La première chose que j’ai vue de lui, c’est son sourire.
La deuxième : ses yeux, pétillant de joie de vivre.
Autour de ce sourire et de ces yeux, un jeune homme dont le corps physique est un défi, entravant ses mouvements et sa parole. Dans le jargon technique médical froid, Frédéric est IMC : infirme moteur cérébral.
Pour certains, c’est une infamie de la vie.
Mais c’est en fait une Infinie Mélodie du Cœur qui témoigne ici de son art de vivre avec son nez et son humour.

Lire le témoignage de Frédéric

 

Si je n'étais pas devenu aveugle...

Jérôme aurait naturellement préféré ne pas être aveugle... Mais il sait aussi qu'il n'aurait jamais fait autant de sport (agrès, escalade, natation) s'il n'avait pas eu cette maladie qui lui a ôté la vue à l'âge de 13 ans. Être en contact intense avec son corps lui a procuré des sensations inouïes. Il s'est alors tourné vers le massage, activité qu'il exerce en parallèle de son métier d'accordeur de piano, et où il excelle (dans les deux !).

Quand je lui ai proposé de réfléchir à d'autres aspects positifs consécutifs à sa cécité, il m'a dit spontanément que c'était assez pratique au contact des gens, pour savoir à quelle personne il a vraiment affaire : "On dit que l'habit ne fait pas le moine, dit-il, et bien moi, je ne suis pas pollué par les atours des gens, s'ils sont beaux, bien habillés, s'ils gesticulent avec des grands airs. Je sens la personne telle qu'elle est vraiment. Je sens sa vibration, sa sincérité. Et ça, c'est très précieux".

Aujourd'hui, Jérôme démystifie son handicap et sensibilise son entourage aux difficultés quotidiennes de la cécité à travers un film où il nous montre toutes ces petites choses anodines de la rue qui représentent obstacles et dangers pour les aveugles.

Voir le film / prendre contact pour un massage ou accorder son piano...

 

Si je n'avais pas été handicapée...

Marie est une amie de mon frère. Comme lui, elle est IMC (infirme moteur cérébral). En raison de son handicap, ses parents l'ont abandonnée à la naissance. Sa prime jeunesse, dans les années 60, a été très difficile, avec de graves soucis de santé que les médecins pensaient incurables. Les trois premières années de sa vie, elle était allongée et ne parlait pas. Hôpitaux, institutions spécialisées... Et puis un centre de placement a fini par lui trouver une famille d'accueil. Quelques années plus tard, elle a rencontré ses parents biologiques. Ils menaient une vie difficile et plus que précaire. En outre, sa "mère" était gravement malade et son "père" en prison... Ils se sont montrés agressifs et violents à son égard. Ils ont essayé de la "récupérer" par la menace, mais avec ses parents adoptifs, elle ne s'est pas laissée faire.

Aujourd'hui Marie a une quarantaine d'année et une fille très brillante.

Lorsque je lui ai demandé en quoi son handicap, vu d'aujourd'hui avait eu quelque chose de positif dans sa vie, elle m'a répondu : "Si je n'avais pas été handicapée, je n'aurais pas été élevée par des parents aimants, dans une grande harmonie d'amour. Que serais-je devenue, quel genre de personne aurais-je été si j'avais été dans cette atmosphère sordide avec ces parents-là ? 

 

Si ma fille n'avait pas été assassinée...

Qui peut mesurer l'intensité de la souffrance liée à la perte d'un enfant ? Jeanne a perdu sa fille unique, Laurence, sauvagement tuée par un schizophrène. L'"inacceptable" l'a conduite sur un chemin de quête personnelle jusqu'au pardon qui libère et rend heureux, au point qu'elle considère aujourd'hui que cet événement tragique fut un véritable cadeau de la vie.

Elle dit avec force : "J'ai pu pardonner à l'assassin de ma fille quand j'ai découvert le scénario de la vie".

Elle consacre son temps à transmettre un message d'amour et à aider les parents ayant perdu un être cher. Cette femme humble et lumineuse partage aussi son histoire dans un livre : "Pardon", édité à compte d'auteur. Elle y raconte comment sa fille l'a aidée sur ce chemin, en lui parlant régulièrement depuis l'"au-delà" via des "medium".

Jeanne n'a pas hésité à me dire qu'elle remerciait l'assassin de sa fille pour la lumière et la joie qui lui ont été donné d'atteindre.

Le site de Jeanne Racaud

 

Si mon mari ne m'avait pas abandonnée...

Michèle s'est retrouvée seule après que son mari l'ait quittée au tout début de son mariage.

Dépression...

Avant la séparation, elle n'avait pas de travail et élevait ses enfants à la maison. Mais avec la garde partagée, elle s'est retrouvée régulièrement seule. Déprime oui, mais un peu plus de temps pour elle. Elle s'est mise au yoga, et son professeur est devenu un maître spirituel qui l'a mise sur un chemin la conduisant en Inde. Ce fut une vraie révélation.

Aujourd'hui, trente ans après, Michèle est accompagnatrice de voyages initiatiques un peu partout dans le monde, et est surtout une grande spécialiste de l'Inde qui emmène régulièrement des groupes pour des séjours et itinéraires magnifiques.

L'abandon de son mari, qui fut si difficile à vivre pour elle, l'a mise sur son chemin de vie.

 

Si j'avais pu tenir debout...

A 24 ans, Nathalie, enceinte, s'est retrouvée à l'hôpital avec le syndrôme de Guillain Barré. Son corps s'est rapidement transformé en "une grande poupée de chiffon désarticulée".

Restée un an sans pouvoir marcher, elle n'a jamais retrouvé l'usage normal de ses pieds et se déplace avec difficultés. La période de réadaptation fut d'autant plus difficile qu'elle perdit son père et sa mère.

Aujourd'hui, à 50 ans, elle sait que sa vie n'aurait jamais été la même sans cette traversée de l'enfer. Parce qu'en cherchant une activité professionnelle pouvant se faire "assise, à la maison", elle s'est tournée vers une activité artistique de graphiste aux balbutiements de l'ère d'internet, métier qui la passionne et dans lequelle elle excelle. Et parce que les réponses à la question "pourquoi moi ?" l'ont emmené vers une compréhension de la vie et vers une certaine sagesse.

Lire le témoignage de Nathalie

(Sa lettre est tellement belle, qu'avec son accord, je la partage avec plaisir).